10/03/2009

Comptages et contrôles

C'est bientôt le printemps. Il faut remettre à neuf, penser aux bonnes résolutions qu'on avait prises en pleine euphorie alcoolisée de fin d'année, et réfléchir aux nouvelles mesures destinées à boucher les trous du budget tout en faisant comprendre aux électeurs qu'on se fiche royalement d'eux.

Idée! Placer plus de radars, afin de racketter les distraits qui passeront devant. Mais où les fixer, pour obtenir un rendement optimal?

Pas de problème : le Digicontrol de Digiway est là pour analyser le flot de circulation! Deux tuyaux de caoutchouc, quatre agrafes plantées dans le bitume, un enregistreur à pression et une chaîne (pour éviter les vols plus ou moins intéressés) et hop! le tour est joué!

Photo 486

Là où le Digicontrol relèvera des flots importants de voitures, on recourra immédiatement à une solution qui a déjà fait ses preuves : on allongera les trottoirs où personne ne passe afin de rendre plus périlleux le croisement de deux véhicules allant en sens inverse, dans l'espoir de décourager les conducteurs. C'est ce qu'en droit on appelle élever "un obstacle méchant à la circulation" - délit ancien remis au goût du jour par nos clowns, mais dont ils s'exemptent par principe.

Là où Digicontrol enregistrera des vitesses illégales - pas aux heures pleines, bien sûr, car personne ne peut y rouler plus vite qu'à vingt ou trente km/heure, mais aux heures creuses où personne ne risque rien - avec un nombre suffisant de contrevenants pour que ce soit rentable : hop! un radar sortira du sol comme un champignon vénéneux, qui empoisonnera la vie de sa proie à l'aide de photos plus chères que celles d'un maître chanteur ayant filmé un couple en pleins ébats.

Photo 487

Lorsqu'un seul fragile tuyau de caoutchouc sort du Digicontrol, il s'agit d'un simple compteur de trafic. Lorsque deux tuyaux en sont issus, tout aussi fragiles que le précédent, la boîte noire enregistre également la vitesse et la direction des véhicules. 

Commentaires

Cher As,
Ces tuyaux sont une invention très ancienne...
Dans une autre vie (il y a très très longtemps), j'avais mis au point des "pneumocontacts" dont l'application principale était la détection des voitures dans les stations-service..
Le principe était la détection du petit courant d'air qui est généré par l'écrasement du tube.
Cela fonctionnait donc même quand l'extrémité était ouverte.
Le temps de réponse me semble incompatible avec la mesure précise d'une vitesse, surtout que les temps doivent être très courts, si j'en crois ta photo.
Il est donc probable que l'apparition de l'électronique a tout modifié.
Amitiés

Écrit par : Armand | 10/03/2009

Bonsoir Armand, je crois que ton invention est toujours présente dans certaines stations service.

Pour le reste, ce n'est que supposition : j'ai déjà vu ce genre de compteurs doté d'un seul tube, ou de deux tubes de caoutchouc précisément écartés. Je suppose donc que la courte distance les séparant permet de mesurer vitesse et direction, en même temps qu'il permet de compter le nombre de véhicules qui les écrasent. Si tel n'était pas le cas, je ne vois pas pourquoi les deux modèles coexisteraient, ni pourquoi on placerait deux flexibles au lieu d'un seul.

Comme tu le remarques, l'électronique permet sûrement de calculer ce que la pneumatique refusait.

Écrit par : l'as | 10/03/2009

il veulent surement une estimation de la vitesse pour voir si c'est intéressant... car la précision ne doit pas être terrible!!

Écrit par : mica | 10/03/2009

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