11/03/2009

Torture et discrimination : la Belgique raciste?

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"La Belgique condamnée pour torture et discrimination" lis-je sur le site d'un journal. Diable! me dis-je, torture-t-on dans notre pays? Et pratique-t-on un autre type de discrimination que la variété dite "positive", dans nos contrées PS-correctes?

"La Cour européenne des droits de l'homme (Strasbourg) a condamné la Belgique pour torture ou traitements inhumains et dégradants ainsi que pour discrimination raciale.

La Belgique devra verser 15.000 euros, à titre de dommage moral, au plaignant, un Schaerbeekois d'origine turque qui avait subi des violences policières en 1996.

Turan Cakir avait interpellé les policiers qui venaient arrêter son frère. Ceux-ci l'ont immobilisé sur le sol. Une foule s'est rassemblée et a pris parti pour Turan Cakir. Plusieurs coups ont atteint le policier qui tenait Turan Cakir immobile et Turan Cakir lui-même. Emmené au commissariat, ce dernier s'est plaint de coups et d'insultes racistes lors de sa garde à vue. Sa plainte n'a jamais été véritablement examinée par la justice belge.

Pour Strasbourg, les nombreuses blessures de Turan Cakir n'ont pu résulter d'une simple chute et de coups reçus par erreur lors de l'attroupement. La cour estime que les policiers n'ont pas usé de la force strictement nécessaire. Elle a encore jugé que les autorités belges ont omis de rechercher si un comportement discriminatoire avait pu jouer un rôle dans les événements."

Résumons : les flics viennent arrêter le frère (un homme d'élite, donc) du plaignant. Ce dernier "interpelle" les agents (qu'est-ce que cela signifie?), qui l'immobilisent au sol (sans ménagement, j'en suis certain). "Une foule" se rassemble (combien? 20 personnes? 50? 200, comme cela arrive à Molenbeek en pareilles circonstances?) qui prend parti pour le Turc (on n'en attendait pas moins). Le flic et son prisonnier reçoivent des coups de "la foule" - ce qui donne une idée de l'énervement qui régnait à cet endroit et ce moment. Au commissariat, le plaignant dit avoir encore reçu des coups et avoir subi des insultes racistes - sans pouvoir en apporter la preuve. C'est pourtant sur cette seule base-là que la cour de Strasbourg condamne l'état belge.

Constatations :

-1) quand on me parle de torture, j'imagine des traitements cruels administrés par une autorité quelconque sous prétexte d'obtenir des renseignements par exemple; or, rien de tout cela ici;

-2) si j'avais porté plainte contre des flics sans disposer d'un nombre de témoins suffisant, j'aurais été débouté car ils sont assermentés et moi pas;

-3) contrairement aux tribunaux belges, la cour de Strasbourg ne considère pas les flics comme témoins privilégiés;

-4) elle se montre même particulièrement chatouilleuse en matière de racisme avéré ou prétendu, puisqu'elle condamne l'état belge sans autre preuve que la parole du plaignant et l'apparent manque de recherches organisées dans ce sens par les tribunaux de notre pays;

-5) or, je me souviens aussi d'un jeune Turc qui passait en simple police à Wavre il y a quelques années, pour une infraction peu importante au code de la route, et qui de la même manière invoquait pour se concilier les juges des propos racistes qu'il aurait subis de la part des policiers; je pense donc que c'est un argument-cliché, basé sur la frilosité idéologique des juges.

Présomptions de racisme :

J'ai lu cet intéressant article (clic) en anglais. Sous le titre "Des chercheurs tentent de soigner le racisme" - assimilant ce préjugé à une maladie (ce qui n'est pas prouvé), l'auteur rapporte les travaux de plusieurs professeurs américains de psychologie. Il y parle particulièrement des travaux de Michael Tarr et Mahzarin Banaji.

Le premier a soumis vingt étudiants à des tests tendant à montrer que chaque fois qu'une personne est soumise à des stéréotypes, elle peut laisser libre cours à ses préjugés. Chaque fois qu'elle est confrontée à des personnes réelles qu'elle doit différencier d'un groupe, elle a tendance à les abandonner au profit d'une attitude personnalisée et coopérative. J'aime d'autant plus cette étude qu'elle rejoint certaines de mes idées. ;o) Michael Tarr montre même qu'une dizaine d'heures d'entraînement de ce type a tendance à gommer durablement les a priori des personnes concernées.

Qu'est-ce qui me gène, alors?

Les vingt étudiants du groupe de Michael Tarr étaient tous caucasiens - adjectif utilisé par les Américains lorsqu'ils ne veulent pas dire : blancs.

Dois-je en déduire que dans l'esprit de Tarr, seuls les blancs sont racistes, et - éventuellement - malades?

Dois-je croire que ce préjugé est largement répandu dans la population occidentale?

Et dois-je en conclure que c'est cet a priori qui a poussé les juges de Strasbourg à donner raison au plaignant, en l'absence de preuves?

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