25/05/2009

La STIB contre la démocratie

Nous sommes supposés vivre en démocratie. Ce système politique implique que les choix populaires priment. Le hic, c'est la représentativité : pour exprimer ces choix, il est obligatoire de passer par la case politiciens. En effet, les zélus seuls ont le droit de représenter et exprimer les aspirations de leurs électeurs, après avoir satisfait à un petit examen de passage quadriennal : le vote, et à un gros examen quotidien : leur conformisme aux volontés des pontes du parti auquel ils appartiennent, corps et âme.

A côté de ces représentants qui se fichent comme de l'An Quarante de ce que veulent leurs électeurs, une autre source de pouvoir, jamais soumise à la moindre sanction populaire, exerce sa capacité de nuisance sans frein : les diverses administrations, pleines de fonctionnaires jamais élus, inamovibles, non comptables de leur paresse, incapacité, erreurs ou menées tyranniques.

La STIB (ou De Lijn, les Tec...) en est un excellent exemple. Sous prétexte de transporter des voyageurs, cette administration n'ayant pas évolué depuis le 19ème siècle agit comme si elle était devenue propriétaire des rues que ses brontosaures parcourent. Elle n'est tenue à rien : ni à l'efficacité des transports qu'elle organise, ni à la rigueur commerciale (son déficit continuel vampirise 25% du budget de la région bruxelloise). Elle remodèle souverainement les rues, crée des couloirs privilégiés pour ses véhicules aux dépens d'une partie de la voie carrossable qui NOUS APPARTIENT, et gêne ou exproprie sans se soucier des habitants.

A la limite d'Uccle et Drogenbos, la STIB a décidé d'implanter un dépôt de trams. Cela entraînera bruit, laideur et vibrations aux alentours. Les habitants de la rue Longue - Langestraat, des Prés - Weidenstraat, Zwartebeekdu Verger - Boomgaardstraat et (ironiquement) de la Liberté - Vrijheidstraat, font savoir (maladroitement) qu'ils n'en veulent pas.

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Presque tous affichent leur refus de voir ce nouveau voisin s'implanter à côté de leur petite maison

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Ce quartier n'est pas riche. Les petits immeubles qui le composent constituent probablement la plus grosse richesse de leurs habitants.

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Certains s'accrochent, tandis que d'autres n'y croient pas. Ils se disent que la STIB est une fatalité, un état dans l'état, un super-éléphant contre lequel ils ne peuvent rien. Ils sont donc plusieurs à tenter de vendre tant qu'il en est encore (?) temps.

Rue du Verger, trois nouvelles maisons viennent pourtant d'être bâties.

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Elles ont toutes trois trouvé preneur.

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Ces nouveaux arrivants étaient-ils distraits, ou mal informés?

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La STIB a un plan en béton : l'IBGE, autre administration souveraine, anti-démocratique, lui prépare le terrain sous prétexte "d'aménagement de la promenade verte".

L'affaire est entendue : le jour où je suis passé par là, des géomètres arpenteurs étaient en train de faire des relevés.

Là où la STIB et l'IBGE passent, le droit et la propriété du peuple trépassent.

Commentaires

Hé oui mon cher, voilà ce qui se passe lorsque l'on (la STIB) considère que l'intérêt général (le transport en masse) prime sur l'intérêt individuel. Vaste débat. N'exproprie-t-on pas également lorsque l'on construit de nouvelles routes?

Écrit par : berny | 25/05/2009

Bonsoir berny, tu n'as pas tout suivi : la STIB n'exproprie pas; elle s'approprie.
Elle ne dédommage pas : elle vole.

Écrit par : l'as | 25/05/2009

Cher As,
Il y a toujours des mécontents.
Quand on veut installer une autoroute, les riverains se plaignent aussi du bruit, même s'ils empruntent cette voie rapide tous les jours.
Ceux qui se plaignent des avions sont les premiers à utiliser ces moyens de transport pour aller en vacances.
Ici, je ne peux qu'être sur la même longueur d'onde que Bernie avec le bémol du calcul des indemnités pour nuisances et des gaspillages (tu connais aussi bien que moi le pont qui ne mène nulle part et qui ne pourrait servir qu'à installer un jardin suspendu.
Amitiés

Écrit par : Armand | 26/05/2009

Bonjour Armand, exactement : quand on nuit, on indemnise. On n'abuse pas de son pouvoir régalien.
Mais en Belgique, politiciens et gens de l'état croient tout pouvoir se permettre. Les manants n'ont qu'à subir en silence.

Écrit par : l'as | 26/05/2009

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