28/12/2009

Centre de connaissances et d'expertise de la circulation

Bonjour!

Aujourd'hui, nous apprenons que "La police de la route créera l'an prochain le Centre de connaissances et d'expertises de la circulation. Il devra dénicher à l'étranger les bonnes pratiques en matière de sécurité routière pour les introduire en Belgique.
 
Ce centre veillera aussi à améliorer la formation continue du personnel. Il sera composé de juristes et d'analystes stratégiques.

La Belgique veut se placer en 2015 dans le trio de tête des bons élèves en matière de sécurité routière."

Que dire de cela? Mon fils aîné (qui n'utilise que sa Vespa en ville, et est donc particulièrement sensible à la situation des motocyclistes) me faisait remarquer que la politique routière actuelle visait à étrécir toutes les voies de communication et à placer les arrêts de la STIB (des Tec, de De Lijn,...) sur l'une des bandes de circulation afin de favoriser trams et bus au détriment des autres véhicules. Voilà l'idée non exprimée de nos zélus : "au lieu d'augmenter la vitesse et le confort des transports en commun, diminuons ceux de leurs concurrents; rendons-les également minables, et l'offre des trams/bus paraîtra meilleure grâce à cette redistribution du désastre". Or, si leur but était vraiment d'améliorer la sécurité des cyclistes (motorisés ou non), ils devraient aussi prévoir une bande de circulation pour ces voyageurs-là. On peut donc dire qu'ils participent activement à l'insécurité de ces derniers.

J'ajoute qu'en Occident on continue à se concentrer sur la répression de comportements individuels administrativement considérés comme dangereux. La seule réponse envisagée est policière, alors que - 1) la vitesse en elle-même ne crée pas d'accidents; -2) la réponse policière est très loin d'être efficace; -3) elle est aussi très loin de suffire.

Les déplacements routiers constituent un ensemble à variables nombreuses : le véhicule, les conditions météo, le conducteur, les routes et leur aménagement font partie des plus évidentes. Se concentrer sur la répression policière de certains comportements des conducteurs est donc inefficace. La récente remontée du nombre d'accidents mortels illustre bien ce point de vue.

Je rappelle (car à part moi, personne ne le fait) qu'entre 1976 et 2002, le nombre de morts "de la route" a été divisé par 2, sans amendes délirantes ni répression policière omniprésente. Comment? Malgré que le nombre de véhicules ait été multiplié par 4, l'évolution de leur construction a diminué les dommages subis de manière vertigineuse. De plus, la qualité des routes elle-même s'est fortement améliorée dans ce laps de temps.

Si vraiment nos zélus voulaient augmenter la sécurité routière, ils devraient se concentrer sur ce qui semble de leur ressort : l'optimisation de la qualité des routes, et de leur entretien.

Mais ça, ça coûte. Et contrairement aux amendes king size, ça ne remplit pas leur caisse éternellement vide.

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