29/12/2009

Loterie : les vertus du monopole

"La Loterie : le pactole pour le ministère des Finances" m'apprend un article de journal.

"86,763 millions d'euros seront versés au gouvernement par  la Loterie nationale cette année, au titre de la rente qu'elle doit à l'état fédéral en échange du monopole dont elle dispose sur les jeux.
 
Ce montant doit être versé, après déduction du précompte mobilier, au comptable des recettes diverses de la Trésorerie, dépendant du ministère des Finances, précise un arrêté royal du 21 décembre. Ce montant a été fixé par le gouvernement.
 
Le journal De Tijd souligne que la Loterie nationale s'en sort mieux que l'an dernier. Elle avait alors dû payer 104 millions d'euros au budget fédéral, alors que les années précédentes ce montant s'élevait à 87 millions d'euros."

Questions :

- pourquoi est-ce le gouvernement qui fixe arbitrairement ce que la loterie lui doit? Est-il normal de faire varier les taux de redevance "à la tête du client", ou est-ce dû à une chute des recettes de la loterie "nationale"?

- un monopole (des jeux, ou de quoi que ce soit d'autre) est-il légal dans le cadre de la législation européenne?

- ce monopole concédé par l'état fédéral belge permet-il à la concurrence de faire baisser les prix des jeux pour les joueurs/consommateurs? Ou d'augmenter le taux de redistribution des sommes jouées?

Non, évidemment.

Pour rappel : le taux moyen de redistribution de l'argent joué dans les casinos (à qui on fait mauvaise presse) est de 93%. C'est à dire que 93% de l'argent déposé sur les tapis par les joueurs leur sont collectivement restitués (les 7 autres pourcent représentant le gain du casino/organisateur des jeux). Le pire des jeux proposés dans ces antres privés de la perdition est le chemin de fer, où seuls 89% des capitaux retournent aux joueurs.

Et quel est le taux de redistribution de la loterie, monopole dont l'état garantit l'honnêteté grâce à sa vertueuse gestion?

50%.

Vivent les monopoles d'état! A bas la concurrence!

Commentaires

A propos du taux moyen de redistribution de l'argent joué... Ce n’est pas tout à fait comme ça. Ce qui se joue, se gagne ou se perd sur les tapis des casinos ne peut être contrôlé (cartes, roulettes…). Ce qui peut l’être c’est le taux de redistribution des machines à sous de la famille des bingos. La commission des jeux a imposé un système vérifiable à distance. Les machines doivent redistribuer un minimum de 92% des mises mais les casinos n’hésitent pas à monter jusqu’à 95% pour faire les yeux doux à la Gestapo et se faire lâcher la jambe sur d’autres contrôles. Les mises maximales sont de 6,25 € et les gains plafonnés à 80 fois la mise, soit 500 €. Mais là aussi, il y a un truc. Les 92, 93 ou même 95 % ne représentent pas les sommes retirées par les joueurs mais uniquement le pourcentage des sommes qui s’ajoutent au compteur lorsqu’on gagne. Ça peut être des centimes si la mise était basse mais la machine fait entrer cette donnée dans son disque dur pour « nourrir » le pourcentage de redistribution. Vu que le montant des mises est plafonné, les gains s’ajoutant sont souvent maigres, ce qui n’encourage pas le joueur à retirer mais à continuer dans l’espoir de gagner ce que les joueurs précédents ont perdu. Car le taux de redistribution est calculé mensuellement et non remis à jour pour chaque joueur. Cela signifie qu’un veinard peut gagner à chaque tentative et qu’un poisseux tout perdre si la machine a atteint son quota.
Donc, la pseudo protection des joueurs est un leurre.

Écrit par : Tony | 29/12/2009

Bonjour Tony, les 92 ou 93% que je citais m'étaient restés en mémoire d'un article lu il y a quelques années sur la question. On n'y parlait pas des jackpots, et on n'y entrait pas dans le genre de questions intéressantes que tu soulèves. Néanmoins, c'est de cet article que je tiens le taux de 50% de redistribution des sommes jouées au loto.

Les 92 ou 93% redistribués le sont collectivement (j'avais intentionnellement ajouté cet adverbe, tu le comprends, pour laisser entendre que les poisseux peuvent tout perdre, et les chanceux, tout gagner - comme tu le fais remarquer - même si la poisse totale est aussi rare que la chance insolente)

Tout ceci dit, il n'en reste pas moins vrai que la concurrence entre casinos les oblige à plus de redistribution que son inexistence actuelle (car les jeux en ligne peuvent rapidement changer cette donne) dans les grands monopoles étatiques du style Loterie nationale ou Française des Jeux.
Les 90% ou 80% des uns font pâlir les 50% des autres.

Mais tu soulignes un autre point intéressant auquel je ne pensais pas : l'inefficacité du contrôle étatique, censé apporter de la vertu dans ces temples de l'iniquité ;o). Cette inefficacité nous étonne-t-elle?

Écrit par : l'as | 30/12/2009

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