13/01/2010

Chavez, Onkelinx et Di Rupo : même bateau

Le Venezuela est le premier producteur de pétrole d'Amérique du Sud. Il est donc riche.

Un ancien militaire et zélu socialiste, Hugo Chavez, est à sa tête depuis février 1999. Grand admirateur et ami personnel de Fidel Castro, il applique au Venezuela les formules socialistes maintes fois éprouvées, destinées à enrichir la population en redistribuant de manière forcée les richesses à tous. Dans ce but, nous apprenions il y a trois jours que : "Chavez dévalue le bolivar pour la 1ère fois depuis 2005"

Super! Comme c'est seulement la 1ère fois depuis 2005, et que le taux annuel d'inflation des prix n'est que de 25,1%, on peut dire qu'il y a une nette amélioration et que le socialisme réel porte ses fruits, non?

Mais de combien la monnaie dévalue-t-elle, grâce à Chavez? "Le bolivar, qui était jusqu'à présent fixé au taux de 2,15 bolivars pour un dollar, s'échangera désormais à 2,60 bolivars pour un dollar pour les secteurs prioritaires, et à 4,30 bolivars pour un dollar pour les autres transactions."

Bang!

L'argent ne vaut plus que la moitié pour acheter des biens jugés "non-prioritaires" par Chavez (c'est à dire, ceux qu'il faut importer au prix d'échange réel du bolivar), et perd 20,96% de sa valeur pour les autres... ceux qu'on ne trouve plus sur le marché (parce qu'alors ils ne sont achetables qu'en dessous de leur vrai prix).

Mais grâce à la politique socialiste de Chavez, tout ira bien, car, comme il l'a dit en annonçant cette bonne nouvelle "ces mesures sont destinées à "renforcer l'économie, à freiner les importations qui ne sont pas absolument nécessaires et à stimuler les exportations". (Pour lire l'article, clic ici. Pour vous documenter sur Chavez, clic là).

Pendant ce temps, notre propre socialiste en chef, Elio, a fait savoir que "Le coût de la vie est excessif pour certains produits

Le président du PS, Elio Di Rupo, plaide pour qu'on instaure un contrôle des prix sur 100 à 150 produits essentiels."

Que propose donc notre brave Elio? Qu'on impose des prix maximaux pour ces denrées qu'il juge essentielles, au risque d'empêcher les producteurs de gagner leur vie en les échangeant sur le marché.

Dites-moi : est-ce que VOUS accepteriez de perdre de l'argent tout en devant travailler pour le faire?  Dès lors, au nom de quelle absurdité les producteurs devraient-ils l'accepter?

S'il fait autre chose que gesticuler, Elio propose donc de faire disparaître 100 à 150 produits, qu'il dit lui-même de première nécessité, des étalages. Une telle disparition améliorera-t-elle la vie des plus pauvres?

Mais qu'est-ce qui rend les biens plus chers?

Outre des hiatus passagers, ou les conséquences imprévues (mais pas imprévisibles) de certaines politiques (comme la production de carburants à partir de blé, par exemple), le créateur principal d'inflation des prix (c'est à dire, de perte de valeur de l'argent), c'est la planche à billets. Plus vous en imprimez, plus il en circule. Plus il en circule, plus il faut en donner pour obtenir les mêmes biens ou services. C'est un fait connu depuis très longtemps. L'hyperinflation allemande des années 20, ou du Zimbabwe de nos jours, ou encore de la fin de l'Empire romain, n'ont pas d'autre source.

Mais aujourd'hui, le crédit représente une part importante de l'argent créé : il n'est donc plus nécessaire de faire tourner la planche à billets pour augmenter la masse d'argent sur le marché. L'endettement de l'état, lui permettant de distribuer à certaines couches d'électeurs de l'argent ne correspondant à aucune production, en constitue une source très efficace.

Les dettes de l'état créent donc la perte de valeur de l'argent.

Or, l'égérie favorite d'Elio, Laurette Onkelinx, a dit : "En matière budgétaire, elle insiste sur le fait qu'il faut résister à l'Europe" (l'Europe veut que les états réduisent leurs dettes) car "ce serait de la folie" d'accélérer les efforts pour le retour à l'équilibre. (Bien sûr : jeter l'argent par les fenêtres rend plus riche, tout le monde le sait!)

Elle en a profité pour stigmatiser le "détournement des écochèques" - qui constituent en fait un nouvel endettement de l'état destiné à favoriser ses protégés.

"De nombreux magasins font fi de la liste des produits autorisés en échange de l'écochèque, les acceptant pour tout achat, écologique ou pas." dit-elle.

Traduction : les produits "écologiques" n'intéressent pas grand monde. Par contre, les chèques que l'état finance en s'endettant, afin de les promouvoir, sont utilisés par les consommateurs d'une manière rationnelle : à acheter ce dont ils ont vraiment besoin.

"Laurette Onkelinx entend faire respecter les écochèques et veut organiser des contrôles dans le courant de l'année." Comme on la comprend : il faut que le rationnement qu'elle a décidé soit imposé, et que la perte de valeur de la monnaie qui s'ensuit le soit pour déplaire à ses chers zélecteurs.

Commentaires

Il n'y a que de la pourriture sadique dans le gouvernement. S'il fait crever les gens de faim, il sera content.

Écrit par : Ben | 13/01/2010

Eux mêmes ne croient pas ce qu'ils disent. Les remèdes miracles qu'ils proposent leurs permettent seulement de gagner du temps et continuer à faire reluire leurs beaux fauteuils de cuir... Ils ne se soucient que de cela.

Écrit par : Tony | 13/01/2010

Bonjour Ben, ce qui est incroyable, c'est que tous les manquements de l' "économie" socialiste sont bien connus depuis longtemps.
Elle a été testée à de très nombreuses reprises, partout dans le monde, et s'est chaque fois soldée par des échecs.

Et pourtant, des gens y croient encore, et essaient de la mettre en pratique en en "gommant les erreurs".

Sont-ils idiots? Aveugles? Ou simplement assoiffés de pouvoir?

Tony,
je crois effectivement qu'Elio et Lolo ne sont pas dupes. Ils aiment le luxe et se satisfont parfaitement du système tel qu'il existe. Ils ne feignent de virer plus à gauche que lorsque les sondages leur font croire que leur pouvoir personnel est en danger.

Écrit par : l'as | 13/01/2010

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