18/01/2010

Haïti : entre Obama et Castro

Bonjour!

Vous le savez : après le tremblement de terre en Haïti, les bonnes consciences se sont mobilisées pour venir en aide à ce pays, qui est le plus pauvre de l'hémisphère occidental. Des sportifs, chanteurs, associations caritatives, OTG (organisations très gouvernementales), et même des pays, ont envoyé de l'aide à ce morceau sinistré de l'île d'Hispaniola.

Amadeus (clic) nous explique pour quelles raisons il croit que des bienfaisances aussi diverses que tardives se répandent aujourd'hui sur les Haïtiens : l'absence brusque de gouvernement local permet aux états d'envoyer l'aide humanitaire sans passer par la case "jeux politiciens", avec ses saigneurs et ses requins, tout en permettant de négliger les intérêts de leurs entreprises compatriotes.

Il relève aussi (ouh! quel suspicieux...) que la réaction brusque des Américains permet à Saint Obama d'éviter la prise d'assaut des plages de Floride par une armada de boat people haïtiens, et de redorer par la même occasion le prestige du Nobel de la paix qu'il a reçu sans rien faire pour le mériter.

Quant à moi, une raison de plus m'apparaît : 3.500 soldats américains (au moins) sont envoyés en Haïti, avec avions, bateaux, et même un porte-avions nucléaire. Faut-il un tel arsenal pour s'occuper des blessés et des morts d'Haïti?

Dans le même temps, la presse occidentale insiste lourdement sur l'insécurité, les pillages, les assassinats qui auraient lieu dans la partie sinistrée de l'île. Cette insistance ressemble fort à une explication a priori, destinée à ceux qui ne verraient pas la nécessité d'un tel déploiement guerrier. La restauration de l'ordre dans l'île sanctifierait la présence permanente de milliers de GI's transformés en gardiens de la paix.

Or, Haïti se trouve à une jetée de pierres de Cuba. Fidel Castro se fait bien vieux, et on peut se demander quelles seront les chances de survie du régime communiste cubain lorsque l'antique assassin passera l'arme à gauche (pourrait-il la mettre d'un autre côté?).

La base de Guantanamo, où sont stationnés soldats et armements US se trouve à la pointe sud-est de Cuba; Miami et la Floride sont situées au nord; Haïti est à l'est.

Disposer de grandes bases supplémentaires, face au porte-missiles de l'ex-URSS, actuellement ami du Venezuela, explique peut-être ce déploiement de forces difficilement justifiable sinon, en ces temps de bouleversements prévisibles.

Carte Caraïbes

Commentaires

Bien vu! Je suis d'accord!
Ah… si le Monde nous lisait plus souvent, Robert, qu'est ce que ça irait mieux! ;-)

Écrit par : Amadeus | 18/01/2010

Faut pas voir le mal partout! Avec l'ouragan Katrina en New-Orleans, on avait aussi envoyé des soldats lesquels avaient pour ordre de tirer à vue sur les pillards. Un peu d'ordre en Haïti n'est pas inutile car ce pauvre pays est aux mains de bandits mafieux (déguisés en policiers, soldats et créatures politiques...). J'espère que dans quelques semaines, on ne va pas nous en vouloir de nous mêler de leurs affaires avec des conseils pour tenter d'établir, là-bas, un état de droit !

Écrit par : Karl | 18/01/2010

Tax cut L'explication cubaine semble juste, toutefois il y a sûrement d'autres intérêts intervenant dans une situation si grande et appelée à durer plusieurs années. Ca ne serait pas aussi une façon d'envahir un pays faible de plus sans coup férir? La reconstruction de la partie détruite de Haïti durera plusieurs années; il faudra protéger les entreprises chargées de cela; on prétextera la nécessité de ce lourd contingent militaire pour sécuriser les reconstructeurs. Mais en réalité les bâtisseurs s'incrusteront et redessineront le pays à leur convenance et à leur profit, en endettant les Haïtiens à perpétuité pour le prix de la réfection de ses infrastructures.

Et les Haïtiens malchanceux se retrouveront encore esclaves d'intérêts étrangers, comme ils l'ont été durant un grand pan de leur Histoire. Comme je l'avais déjà dit, si la communauté internationale et le gouvernement haïtien voulaient réellement le soulagement de leur peuple (ou de n'importe quel autre) ils supprimeraient l'intrusion et le vol fiscaux dans cette nation. Le problème de la reconctruction se résoudrait si vite que le monde en serait abasourdi.

Écrit par : Ben | 18/01/2010

Une greluche à diadème Hum, j'ai écrit "en endettant les Haïtiens à perpétuité pour le prix de la réfection de ses infrastructures". J'aurais dû mettre "leurs infrastructures".

Tiens, et qu'est-ce que je vois sous la carte? "Sa majesté la Reine du chef du Canada"? Elle prend la planète pour son jardinet, cette greluche?

Écrit par : Ben | 18/01/2010

Les commentaires sont fermés.