24/01/2010

Drogues : marché en pleine expansion

Aldous Huxley - lui-même consommateur convaincu de mescaline et de LSD - fut le premier à parler dans son livre Le Meilleur des Mondes, d'une drogue imaginaire - appelée Soma - qui avait pour don de polir chez chaque individu les angles et aspérités socialement inacceptables, tout en faisant disparaître dans un bienheureux bouillard les angles et aspérités de la société qui auraient paru individuellement insupportables sinon.

Alors qu'ils étaient encore des roquets infréquentables, les Rolling Stones ont aussi abordé le sujet dans leur tube Mother's Little Helper, qui raillait l'usage récréatif des amphétamines et du Valium alors en vente libre, que de jeunes mères surmenées prenaient pour survivre à leurs journées.

Dès lors, pourquoi serions-nous étonnés d'apprendre que :  "Les Belges accros aux pilules

La Druglijn (assistance téléphonique flamande en matière de drogues) a enregistré, en dix ans, un doublement des appels pour des dépendances aux médicaments, a déclaré Tom Evenepoel, son coordinateur.
 
La Druglijn reçoit moins de demandes pour des dépendances aux drogues que pour des dépendances aux médicaments. On dresse le même constat inquiétant au vu de l'augmentation des ventes de calmants: les Belges en ont acheté 600.000 par jour en 2009, (+15% par rapport à 2006).
 
La Belgique occupe ainsi la première place des pays qui consomment le plus de calmants. Ce sont principalement les femmes d'âge moyen et les personnes âgées qui absorbent régulièrement calmants et somnifères."

Dès lors, posons-nous les questions suivantes :

- la consommation de drogues ne correspond-elle pas à une fatalité liée au fonctionnement même du cerveau humain?

- si tel est le cas - et quoi qu'on en pense aux niveaux moral, hygiénique, financier ou autres - la lutte contre leur usage n'est-elle pas perdue d'avance?

- le débat ne s'est-il pas désormais déplacé de l'usage toléré des drogues traditionnelles à l'usage de drogues non traditionnelles et légales ou illégales? De drogues socialement acceptées ou non, avec toutes les préventions qu'on peut formuler à ce sujet?

- et en finale, actuellement la plus grande capacité de nuisance se trouve-t-elle plutôt du côté des pourvoyeurs de drogues indépendants - les dealers, relativement peu nombreux - ou des pourvoyeurs de drogues légales non traditionnelles - les médecins et pharmaciens - qui touchent un bien plus grand nombre de gens, chaque jour, et coûtent des fortunes à tous par l'entremise des mutuelles?

Commentaires

Ce sont des évènements négatifs qui dépriment ou irritent et il n'y a que les évènements positifs qui soulagent. Les drogués légaux ou non sont des nigauds.

Écrit par : Ben | 24/01/2010

Cher As,
Les drogués non productifs définitifs (personnes très âgées) devraient pouvoir, à mon sens, se droguer aux calmants. Cela soulagerait les personnes qui doivent s'occuper d'eux et adoucirait leur fin de vie.
Amitiés.

Écrit par : Armand | 24/01/2010

Bonjour Ben, je pense qu'une part de l'explication de l'intérêt pour les divers produits appelés drogues se trouve dans la partie "récompense" du système nerveux central des vertébrés supérieurs. Une autre part se trouve dans la partie réglant le tonus général - ce qu'on appelle l'humeur. Ce sont les drogues réglant le niveau de cette partie-là qui connaissent le plus de succès, et auxquelles pensait probablement Aldous Huxley en créant le Soma.

Voilà donc les produits qui "améliorent" le comportement social des deux manières que j'ai relevées dans mon (très court) texte. Distribuées largement, elles permettraient de contrôler les foules - non sans défauts, puisque c'est pour ces dernières que Druglijn est régulièrement consultée.

Pourquoi les dealers légaux - qui défendent leur monopole des soins de santé - sont-ils moins condamnables que les illégaux? ;o)

Bonjour Armand,
chacun devrait être libre de faire ce qu'il lui plaît dès lors qu'il ne lèse personne. Dans ce cas, chacun est seul concerné par son propre comportement et sait mieux que quiconque ce qui lui convient. Il n'y a pas que les calmants pour améliorer la fin de vie : les hormones (de croissance, e.a.) sont d'un grand secours.

Écrit par : l'as | 24/01/2010

Précision Précision dont je devrais m'abstenir, mais qui me semble utile : je ne bois pas, ne fume pas, ne me drogue pas - ni avec des drogues légales, illégales, traditionnelles ou exotiques.

Je me contente d'ajouter ma petite pierre à l'édifice.

Écrit par : l'as | 24/01/2010

Précision aussi Je ne fume pas, ne me soule jamais, ne me drogue pas, et je n'ai jamais pris le moindre calmant, stimulant ou somnifère. Je n'en ai jamais voulu et je les trouve louches. Le café qui semble modifier le sommeil de la plupart des gens ne change pas le mien. Je doute que ces substances puissent affecter mon humeur parce que je ne me considère pas comme un vulgaire bidule biochimique.

Écrit par : Ben | 24/01/2010

D'ailleurs voilà qui explique sans doute une bonne partie des "effets" des molécules changeuses de comportement:

http://www.youtube.com/watch?v=YNRnyDwq2NY

Écrit par : Ben | 24/01/2010

Personne n'est à l'abri de la maladie. Les médicaments sont une "béquille" chimique.
Je conseille de mieux choisir son médecin que son supermarché.


Écrit par : Tony | 24/01/2010

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