28/01/2010

Opel Anvers : Kris Peeters y croit encore?

Bonjour!

Kris Peeters (sinistre-président flamand) croit qu'Opel Anvers a encore des chances de survivre. Comme il l'a fait savoir : "Il table toujours sur une marche arrière de GM et sur une action de la Commission européenne." (La tâche principale des politiciens cooptés de la commission européenne n'était-elle pas à l'origine de s'occuper de concurrence? Dès lors, forcer une entreprise en faillite non déclarée à rester dans des installations inutiles fait-il partie de ses compétences?)

Peeters affirme que Reilly (le restructurateur de GM Europe) a besoin de 2,7 milliards d'euros d'argent "public" pour mener son plan à bien. Il laisse donc entendre par là que les bailleurs de fonds gouvernementaux tiennent Reilly en laisse. Cependant, remarque-t-il : "ce qui est unique dans la situation actuelle, "c'est qu'un plan de restructuration financé en grande partie par des aides de certains Etats membres serve à fermer une usine dans un autre Etat membre" de l'Union européenne."

Sous-entendu : dès qu'il s'agit de dorer leur image aux frais des contribuables, les politiciens n'hésitent pas à s'écraser entre eux. Angela Merkel (chancelière allemande) fait des ponts en or à GM Europe pour qu'elle reste en Allemagne, et jette Opel Anvers.

Etait-il vraiment naïf au point de croire qu'elle agirait autrement?

Ce qui est neuf, c'est que Peeters admette aussi que "hormis Opel, il est évident que l'industrie flamande est très fortement touchée par la crise." Normal : le grand boum des investissements dans la partie flamande du pays date des années 60 et 70. Ces usines tombent doucement en désuétude. Sans bonnes raisons de les remettre à niveau, leurs propriétaires les laissent donc arriver en fin de vie.

Or :

- les productions locales basées sur les taxes frontalières n'ont plus de raison d'être dans le grand marché européen;

- les incitants fiscaux et salariaux ont disparu de Belgique flamande et francophone;

- il existe des alternatives autrement plus intéressantes en Europe de l'Est;

- les politiciens belges dissuadent les gens d'utiliser leur voiture, et le marché local a dépassé la maturité.

Donc : plus aucune raison de monter des voitures ici (Ford Genk et Audi Forest seront les prochaines usines à quitter la Belgique).

Peeters conclut que : "tous vont se pencher sur la transformation de l'économie et du tissu industriel de la Flandre, avec pour objectif de "passer d'une industrie automobile à une industrie de la mobilité" notamment."

Traduction : en Flandre, grâce à l'argent des contribuables, on fabriquera des bus, des trains, des trams, des vélos, des cuistaxes, des calèches, des luges et des patins à roulettes - mais plus de voitures! Et tout ça sans rien changer aux conditions fiscales et salariales, bien sûr!

Si elle n'était pas tragique, ce genre de prétention ridicule prêterait à sourire, surtout venant d'une région qui a fondé son essor sur la non-intervention de l'état dans l'économie et sur la concurrence fiscale et salariale. 

Je leur souhaite bonne chance.

Sans y croire, naturellement.

Commentaires

VIVE L'INTELLIGENCE… Le problème de la Belgique c'est que nous sommes des pragmatiques. C'est bien le pragmatisme mais c'est bas de plafond. Tout ne se résout pas avec du pragmatisme. Celui-ci peut même devenir un handicap. Or, c'est le point fort du Belge. De plus, le Belge a du bon sens. Mais on n'invente pas la Relativité avec du bon sens. Bref, nos aptitudes sont des aptitudes de bas niveau. Utiles au quotidien, certes, mais très insuffisant pour le reste.

Vouloir reconvertir les entreprises qui fabriquaient des voitures en entreprises qui fabriquent des patins à roulettes, c'est tendre la joue gauche après s'être fait gifler la droite. Et les pays émergents ont la main dure…

Je crois que nous n'avons plus le choix. Il faut investir dans l'innovation. Evidemment, on n'a pas les moyens de se payer Los Alamos ou le CERN de Genève à nous. Mais l'innovation c'est pas que de la R&D. L'innovation c'est pas que de la "sacro-sainte "créativité" (Eurêka en sortant du bain… Une escroquerie à laquelle croient beaucoup de gens). Les Japonais, considérés comme un peuple de copieurs incapables d'imagination, ont inondé la planète de produits nouveaux! Cherchez l'erreur!

Il va falloir la trouver, l'erreur. J'ai bien ma réponse, mais il faut que les politiques la trouvent! Et qu'ils impulsent les mécanismes d'innovation dans notre pays. L'ennui c'est que nos politiques sont des pragmatiques… Bêtement pragmatiques. Et réactifs, jamais visionnaires…
(surtout flamands, les Wallons ne sont même pas pragmatiques! Encore que… Voir Daerden)

Bon, ben on n'est pas sorti du pétrin…

Je crois qu'il me reste un ou deux prozacs dans un tiroir. Je vais voir.

Écrit par : Amadeus | 29/01/2010

Rebonsoir docteur Amadeus, excellent diagnostic : tant qu'il y a moyen de moyenner, pourquoi les Belges s'en feraient-ils?

Écrit par : l'as | 30/01/2010

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