01/03/2010

Gaz de schistes : la Pologne, nouvel eldorado?

Durant les années 70, on nous a répété que c'était la fin du pétrole. Quarante ans après, il est toujours là.   ;o)

Il y a cinq ans, il y a trois ans, il y a deux ans, il y a un an, on nous a encore répété (au moins pour la centième fois, depuis Marion King Hubbert) que cette fois, les carottes étaient cuites : nous étions arrivés au pic pétrolier.

Même si je ne suis pas un expert en pétrole, je pense que c'est une grave erreur : nous en savons beaucoup moins sur la genèse des combustibles dits fossiles que nous ne le croyons, et nous sommes loin d'avoir exploré tous les endroits susceptibles d'en contenir.

A l'appui de cette impression, nous apprenons aujourd'hui que Chevron - après ces autres sociétés pétrolières américaines : Exxon, Marathon et Conoco - a demandé des droits d'exploration pour trouver du gaz de schistes en Pologne. Chevron a acquis des droits d'exploration dans le sud-est du pays, à Grabowiec, qui s'ajoutent aux licences d'exploration qu'elle détient déjà à Zwierzyniec, Kransnik et Frampol.

Et pendant ce temps-là, que font les sociétés européennes, telles que Total?

Elles sont ailleurs : pour des raisons religieuses, les combustibles fossiles ne sont pas en odeur de sainteté chez les écologistes européens.

Commentaires

CERTES… …mais il n'en reste pas moins vrai que le pétrole est un ensemble fini pour une consommation infinie…
La crise actuelle a le mérite de mettre un tas de gens sur le problème de l'énergie. Des solutions commencent à apparaître. Piles à combustible et autres technologies sont à l'étude. C'est ça qui est important. Et je crois qu'on va avancer.

Parce que mettre de la pression dans les cavités pour récupérer du pétrole qui ne remonte plus tout seul, c'est très bien, mais la pression doit être gigantesque parce que le brut c'est une boue lourde et proche du goudron liquide. Et qu'injecter? De l'eau de mer?… En mer ça va peut-être mais dans le désert?

Il faut prévoir le futur. Mais je suis relativement confiant dans l'imagination technologique.

Écrit par : Amadeus | 01/03/2010

Bonsoir Amadeus, selon un spécialiste italien, directeur d'ENI (j'ai publié ici son interview, il y a 2 ou 3 ans), les réserves connues dureraient encore 100 ans au moins, en comptant sables pétrolifères et schistes bitumineux.

Mais le méthane présent en très grandes quantités un peu partout dans le monde, entre autres sous forme de clathrates (hydrates de méthane, dans ce cas), n'est jamais repris comme source d'énergie pouvant reprendre une partie importante des utilisations "vulgaires" du pétrole. Le "gaz de schistes" (traduction rapide d'un texte anglais : il s'agit de méthane piégé à grande profondeur dans des roches à grain plus fin que le sable et les schistes) en est une autre forme, de même que les stations d'épuration que nous faisons tourner à coups de millions pourraient en fournir aussi.

Par ailleurs, selon la théorie russo-ukrainienne le pétrole se forme en continu sous nos pieds, sans nécessiter de millions d'années pour y arriver. Les seules questions qui se posent : en combien de temps, et en quelles quantités?

Tout ceci pour dire qu'il est beaucoup plus facile de compter sur les combustibles "fossiles" que nous savons présents, que sur une nouvelle technique énergétique encore dans les limbes.

Écrit par : l'as | 01/03/2010

Merci l'AS Cela dit, l'origine abiotique du pétrole est loin d'être prouvée et pas mal de scientifiques la réfutent complètement. Quant aux schistes bitumeux, c'est vrai, mais c'est très difficile à extraire. Ça consomme beaucoup d'énergie. Enfin, le méthane est présent partout mais peu pratique.

De toute façon, il faudra sortir d'une logique du "tout consommation" pour aller vers des systèmes équilibrés. C'est pourquoi je m'intéresse aussi aux nouvelles recherches sur l'énergie.

Autre chose. J'étais en contact ce midi avec des gens au coeur du métier de l'automobile belge et nous nous rapprochons. Peut-être que nous allons aller dans le bon sens… Je n'en dis pas plus ici.

Écrit par : Amadeus | 02/03/2010

Bonsoir Marc, je sais bien que l'origine abiotique est loin d'être reconnue. Mais des raisons sérieuses d'y adhérer existent - telles que le fait que de nombreuses nappes auraient déjà dû être vidées depuis longtemps, si on s'en tenait à l'explication des ressources finies.

Le fait que nombreux soient les scientifiques opposés à cette théorie devrait - au vu de ce qui arrive actuellement au pseudo-consensus sur l'origine humaine du réchauffement, commercialisé par le GIEC IPCC - peut-être nous pousser à l'examiner sans oeillères.

La connaissance n'est pas entachée des manquements des démocraties.

Écrit par : l'as | 02/03/2010

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