13/03/2010

Poubelles à puces : le tri sélectif détruit la propreté (1)

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On peut trouver cela normal, amusant, neuf et intéressant, mais on peut aussi se demander pourquoi on distribue des poules éboueuses à Mouscron (clic!).

La famine guette-t-elle? Les emballages en plastique et papier des grandes surfaces - réputés constituer la majeure partie des poubelles d'aujourd'hui - pourront-ils être digérés par les gallinacées? Pour ne rien dire des métaux?

La vérité?

Le tri sélectif est vicié à la base. Plus on force les gens à trier, plus le système grippe. Car il faut bien l'admettre : le propre des déchets, c'est de ne pas valoir grand chose. Si tel n'était pas le cas, on ne les jetterait pas.

Or, les collectes et récupérations sont organisées de telle sorte qu'elles coûtent plus cher que le contenu des poubelles. Le personnel revient de plus en plus cher (grâce aux cotisations sociales, qui représentent plus de 120% du prix payé au travailleur lui-même), les collectes en camion sont économiquement inefficaces, l'énergie produite par les incinérateurs est sous-valorisée, etc.

Réfléchissez : il y a quinze ou vingt ans, on se contentait de brûler les déchets, ou de les répandre dans d'anciennes carrières pour les recouvrir régulièrement de terre. Le prix de ce service était compris dans les taxes communales, sans augmentation, et on venait généralement ramasser les ordures deux à trois fois par semaine (quand on avait de la chance, comme ce fut mon cas, on pouvait même s'en débarrasser tous les jours : une fois dans ma rue, et les jours suivants dans une autre située juste en face).

Désormais, on dit ajouter de la valeur aux déchets en les recyclant.

Or, que constatons-nous?

-1) les collectes n'ont jamais été aussi peu nombreuses;

-2) leur sérieux est souvent remis en question (par exemple : sépare-t-on vraiment les papiers des plastiques dans les camions?)

-3) elles n'ont jamais coûté aussi cher (obligation d'acheter des sacs poubelle très coûteux, ou de se déplacer jusqu'à une déchetterie pour y porter soi-même, avec ses propres moyens de transport, les objets qui avant étaient gratuitement enlevés)

-4) une partie du travail est assurée par les particuliers eux-mêmes, qui sont désormais obligés de transformer un coin de leur logement en annexe de la voirie (déchetterie, pour nos amis français); ce travail de tri - qui a un coût - ne leur est pourtant jamais rémunéré; c'est donc qu'il est sans valeur, ou que les pouvoirs "publics" se l'approprient;

-5) désormais, on considère ceux qui jettent leurs déchets de manière non conforme comme des délinquants;

-6) on a dû créer des équipes de quasi flics pour les traquer; quand on les identifie, on les force à payer des amendes administratives; croyez-le : des condamnations en justice ne tarderont pas à y être substituées;

-7) et pourtant - ou plutôt : de manière prévisible - la saleté s'étend;

-8) les entreprises qui se chargent de recycler nos déchets sont toujours à la limite de la faillite; seuls les subsides et autres faveurs fiscales leur permettent de continuer à "rentabiliser" ces déchets dont on nous répète qu'il est plus intéressant de les recycler que de les épandre de manière rationnelle.

Il est donc évident que nos déchets ne valent pas assez pour être recyclés. Leur ramassage, organisé par les politiciens et les fonctionnaires, revient à créer une activité déficitaire, qui appauvrit et endette ceux à qui elle est supposée rendre service, et qui pourtant ne l'ont jamais demandée : les électeurs.

Nos déchets n'ont aucune autre valeur que celle qu'ils permettent aux politiciens et à leurs entrepreneurs amis de nous soustraire. Et ce n'est pas fini. La course en avant, engagée pour tenter de corriger les erreurs économiques et logiques commises dans ce secteur, n'a fait que commencer. Pour avoir une idée de ce qui nous attend ensuite, consultez cet article de Tony (clic!)

(A suivre)


Commentaires

Cher As,
Trier les cartons et papiers rend les déchets incombustibles.
Ainsi, la mode de l'incinération des déchets avec production d'électricité est mise à mal par l'enlèvement des papiers.
Ce raisonnement peut aussi amener à rendre certains déchets irrécupérables: cartons doublés de plastique, par exemple.
Le traitement des déchets ne doit pas se faire à coups de caprices dispendieux selon l'inspiration. Autrement, c'est nuisible, comme certains bobos n'ayant pas les pieds sur terre.
Amitiés

Écrit par : Armand | 13/03/2010

Merci du clin d'oeil. te souviens-tu de ce "problème" de recyclage?
http://www.dhnet.be/infos/faits-divers/article/60321/interdit-d-incineration.html

Si ce malheureux était dangereux à brûler, pourquoi ne l'était-il pas de son vivant pour ses proches et le personnel soignant?

Délires écologistes!

Écrit par : Tony | 13/03/2010

Bonsoir Armand, tu as raison, bien sûr, et cette idée se trouvait en filigrane dans mes deux textes. Mais il faut se limiter, et la notion de valeur des déchets me semblait plus importante à établir. C'est pourquoi je m'y suis tenu.

Mais tu verras : j'ai trouvé un texte sensé d'un économiste "écolo" (oui : ça existe, et oui, c'est possible!). Je le citerai bientôt.

Bonsoir Tony,
je ne me souvenais pas de cette nouvelle, très amusante. Elle est représentative des superstitions (qui remplacent de plus en plus dans nos pays la raison) telles qu'elles ont été illuminées et encouragées par Chirac. Ce grand thaumaturge des peurs irrationnelles de nos contemporains les a condensées sous le nom absurde de "principe de précaution".

Écrit par : l'as | 13/03/2010

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