17/03/2010

Poubelles à puces : le tri sélectif détruit non seulement la propreté, mais aussi les richesses (3)

Le Mans, 25 avril. Des « glaneurs » fouillent les poubelles d'un supermarché du centre-ville.

(suite et fin de la première et de la seconde parties)

Je vous l'avais promis, mais les arcanes de skynet en avaient décidé autrement. J'essaie une nouvelle fois de poster le texte intéressant du professeur Daniel K. Benjamin, économiste américain à sympathies écologistes. Si vous désirez lire sa version originale, cliquez ici.

Il parle essentiellement de la situation aux States. Mais les mythes sont les mêmes ici que là-bas (j'ai d'ailleurs l'impression qu'ils sont nés aux USA). Il est donc facile d'extrapoler.

Comme c'est la 2ème fois que je m'appuie son résumé et sa traduction, si skynet me le barbote à nouveau je laisserai tomber l'éponge. Trop, c'est trop!

"Mythes du recyclage : l'étouffement par les déchets par opposition à une plus grande capacité d'épandage que jamais

Le recyclage n'est pas toujours le meilleur choix environnemental. Il revient souvent plus cher qu'enterrer les déchets et produire du neuf à partir des matières premières. Verres et plastiques en constituent de parfaits exemples. Si jamais nous devions tomber à court de sable ;o) ou de sous-produits pétroliers, nous pourrions les retrouver dans les décharges et les recycler industriellement, ce qui reviendrait moins cher et serait plus aisé que le recyclage perpétuel. 

Des trillions de dollars sont perdus dans le recyclage. Voyons donc sur quels mythes il repose, qui autorisent un tel gaspillage.

Mythe 1 : Nous serons enterrés par nos ordures

Ce mythe a été lancé par Al Gore (déjà lui ! ;o) ) dans les années 80. A cette époque, l'industrie des déchets se transformait en très grandes installations d'épandage. Leur diminution en chiffres absolus a donné l'impression qu'on manquerait de place dans un avenir proche. Or, c'est faux : à l'heure actuelle, les USA disposent d'assez de place pour assurer 18 années d'épandage. De plus, une décharge de 16 kilomètres carrés de surface suffirait à enterrer hygiéniquement l'ensemble des déchets américains pour les 100 années à venir!

Mythe 2 : Nos déchets nous empoisonnent

L'EPA (Environmental Protection Agency clic!) elle-même reconnaît que les risques entraînés par les décharges modernes sont pratiquement inexistants.

Les décharges anciennes peuvent être dangereuses, surtout si elles sont situées dans des zones marécageuses ou humides. Mais lorsqu'elles sont édifiées sur des sols secs, même les plus anciennes ne présentent presque pas de danger.

Loin des réserves aqueuses, les décharges modernes sont placées sur des couches épaisses d'argile imperméable. Celles-ci sont étanchéifiées par des bâches solides en plastique, elles-mêmes couvertes de dizaines de centimètres de sable et de graviers. Leurs écoulements sont envoyés vers les unités de retraitement de l'eau. Le méthane produit par les fermentations est brûlé, ou purifié et vendu.

Mythe 3 : L'emballage est le problème

Contrairement à ce qu'on croit, l'emballage peut réduire les déchets. Un ménage américain moyen produit 33% de saletés en moins que le même ménage au Mexique, en partie parce que l'emballage réduit la casse, et donc les pertes de nourritures et de biens.

Par ailleurs, produire industriellement de la nourriture réduit les déchets, qui sont transformés en produits vendables (pour l'alimentation animale, par ex.).

D'autre part, le poids des emballages n'a cessé de diminuer : en 25 ans, leur masse a chuté de 30% pour les bouteilles de plastique, de 40% pour les cannettes de boissons en alu, et de 70% pour les sacs jetables de grands magasins, ou les poubelles.

Mythe 4 : Nous devons arriver à l' "indépendance ordurière"

Le transport des ordures de l'endroit de production à la décharge n'est pas plus dangereux que celui de toute autre matière première. De plus, exporter les ordures vers leur lieu de stockage revient à enrichir les habitants de ces derniers par les droits qu'on leur paie.

Mythe 5 : Nous gaspillons des ressources irremplaçables en ne recyclant pas

En fait, les stocks de matières premières naturelles grandissent.

Les prix du marché sont la meilleure mesure de la rareté des ressources. Lorsque les prix montent, cela signifie que la marchandise se fait plus rare; lorsqu'ils baissent, cela signifie qu'on en possède plus.

Appliquons cette mesure au pétrole : depuis 125 ans, il est aussi abondant qu'à ses débuts, malgré que nous l'utilisions de manière croissante. Les réserves de matières premières et d'autres combustibles fossiles croissent également.

Grâce à l'innovation, nous produisons aujourd'hui deux fois plus de marchandises par unité d'énergie qu'il y a 50 ans, et 5 fois plus qu'il y a 200 ans. La fibre optique transporte 625 fois plus de communications que le fil de cuivre il y a 25 ans, on construit les ponts avec moins d'acier, les véhicules automobiles consomment moins.

L'innovation continue à augmenter les réserves de matières premières à notre disposition.

Mythe 6 : Recycler protège toujours l'environnement

Le recyclage est une activité ayant des impacts certains sur l'environnement. Exemple : l'EPA a constaté que le recyclage du papier recourt à plus de matières toxiques que la fabrication de papier neuf.

La pollution liée au recyclage se manifeste souvent de manière insoupçonnée : le tri sélectif individuel nécessite plus de camions. Ceux-ci roulent plus souvent, entraînant donc une plus grande pollution de l'air, entre autres. Los Angeles en est un bon exemple.

Mythe 7 : Recycler épargne des ressources

Ce n'est pas aussi simple que ça : un usage moins intensif d'une matière entraîne souvent l'utilisation d'autres ressources. Franklin Associates, firme mandatée par l'EPA, a étudié le prix par tonne du traitement des déchets. En moyenne, le recyclage extensif coûte 35% de plus que la mise en décharge; le tri sélectif imposé aux particuliers en coûte 55% de plus. Cela signifie que le tri sélectif nécessite l'utilisation de beaucoup plus de ressources.

Mythe 8 : Sans recyclage obligatoire, personne ne recyclerait

Dire cela est faire preuve d'ignorance : le recyclage dans le privé est aussi vieux que les ordures elles-mêmes. Le ramassage des ordures est peut-être l'authentique "plus vieux métier du monde". Au 19ème, on le mettait aux enchères à New York. Bien avant les obligations étatiques, les producteurs de métaux et d'autres matières premières récupéraient acier, alu, cuivre, os, vieux chiffons et bien d'autres produits.

Le recyclage volontaire conserve les ressources et augmente la richesse.

Au contraire, des programmes éducatifs erronés encouragent le gaspillage de ressources lorsqu'ils exagèrent les avantages du recyclage. Et les programmes de recyclage obligatoire, qui forcent les gens à faire ce qu'ils savent déraisonnable, détériorent généralement la situation de chacun.

Ce sont les prix du marché seuls qui suffisent à faire venir l'éboueur, et à recycler ce qui peut l'être."

Commentaires

Coucouu j'ai pas tt compris :P
bon tt façon Al Gore c'est un gros connard qui a trouvé le bon filon pour devenir très riche 8
et les poubelles à puces bin suis pas concernée ;)))
et à force d'emmerder les gens avec le tri des déchets ménagers ,les sacs de tt les couleurs etc bin ils finissent par tout balancer n'importe où
j'en ai même vu jeter des déchets dans le canal et en pleine campagne côté Neerpede ,dans les champs y a des sacs d'ordures :(
OK ,y a des brigades fouilleurs de poubelles clandestines mais si les proprios des poubelles sont cpas ou autres insolvables ,ils risquent pas grand chose

bizz
les gens passent en voitures et balancent tout n'importe où :/

Écrit par : bio | 17/03/2010

Cher As,
Si je ne peux pas être d'accord avec certaines des affirmations de ton maître à penser Benjamin (chacun a tendance à "améliorer" les faits pour étayer ses théories), il en est d'autres qui me semblent être teintées de bon sens.
Un exemple:
Le problème des bouteilles. Elles doivent actuellement être enlevées (par quelques unes à la fois), puis triées (verre blanc et coloré), fondues et, bien entendu, transportées vers l'usine de recyclage. Le poids des matières (liquide + bouteille) est également très élevé. Par contre, le "Tétrapack" (orthographe approximative) est très léger et ce machin est presque entièrement biodégradable (carton recouvert d'une mince pellicule de plastique).
Si on tient compte des économies de transport (pétrole non recyclé), les écolos ont tout faux.
Le seul inconvénient des cubes de plastique est de type subjectif: personne ne voudrait acheter un grand crû dans du plastique.
Amitiés.

Écrit par : Armand | 17/03/2010

Je recycle, tu recycles, ils recyclent ... Bonsoir l'As,

Le recyclage sélectif est encore une fable de nos amis "les verts" pour nous faire exécuter le boulot à la place des sévices "compétents" (?) et bien sûr pour aller se procurer dans nos poches le pognon nécessaire pour cette besogne.

Une anecdote déjà maintes fois entendues je me doute : en 1993, je vivais dans un petit village des environs d'Arlon. La commune avait décidé d'installer 4 bulles plastiques (verre, carton, papiers et tetrapak) au centre du village pour inciter les gens à trier et à y déposer leurs déchets. A l'occasion de l'arrivée du camion destiné à récolter le contenu de ces bulles, je constate qu'elles sont toutes vidées dans un container unique dépourvu de la moindre séparation ...

Je doute très fort que plus de 15 années plus tard, les procédures de transport soient améliorées ...

Écrit par : Intimidator | 18/03/2010

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