08/04/2010

Pollution : aujourd'hui, nous en connaissons le plus faible niveau de tous les temps

Dans le même ordre d'idées (clic!), je me souviens que lorsque j'étais un très jeune enfant, en ville les gens carburaient au charbon, tandis qu'à la campagne, ils brûlaient du bois (quand ils le faisaient, car les fermes étaient glaciales et mal chauffées).

Les poêles à bois plus polluants que les autos

Contrairement à ce qu'on vous fait croire, le chauffage au bois n'est pas "bon pour l'environnement", et certainement pas sans danger pour votre santé : dans les pays où on se chauffe encore beaucoup au bois, comme au Canada, les attendrissants poêles sont beaucoup plus polluants que les voitures (ne me croyez pas sur parole : cliquez ici pour lire un article canadien sur la question)

Lorsque le temps devenait trop froid, mon père allumait un ou plusieurs poêles. Les cheminées humides refusaient de tirer pendant une heure ou deux, selon les conditions atmosphériques, et nous devions ouvrir les fenêtres pour évacuer la fumée qui se répandait dans l'appartement. La cheminée crachait de malodorants brouillards jaunes de soufre et de suie, le temps que son conduit réchauffé les envoie plus haut - là où on les voyait moins.

Comme tout le monde allumait son poêle à peu près au même moment, les rues, les villes, étaient recouvertes d'un smog léger, mais néanmoins délétère. Et tout ça avec cent fois moins de voitures qu'aujourd'hui.

 

 

Dans les années 60, une vieille série télévisée anglaise m'apprit un nouveau mot : fog (brouillard). Mon père me précisa que le fog londonnien avait la réputation d'être un assassin silencieux, qui faisait mourir ses victimes dans des accès de toux inguérissables. Il faut dire que ce spray de goutelettes d'eau était un véhicule idéal pour les oxydes de soufre vomis par les millions de poêles à charbon anglais, les hauts fourneaux d'usines et les bucoliques trains à vapeur.

Ce que j'ignorais encore, un article du Scientific American publié en 1970, dû à W.F. Loomis, me l'apprit : les fumées de charbon planant sur l'Europe étaient également responsables du rachitisme de la population. Cela me rappela les grandes rasades d'infecte huile de foie de morue que mon père (encore lui!  ;o)  ) m'obligeait à avaler lorsque j'étais petit : la forte quantité de cholécalciférol et d'ergocalciférol (vitamines D3 et D2) qu'elle contenait mettait les enfants du nord à l'abri de cette terrible affection.

Comme l'écrivait Loomis dans l'article précité "En réalité, le rachitisme est la première maladie de la pollution aérienne. Il a été décrit pour la première fois en Angleterre autour de 1650, à l'époque de l'introduction du charbon de bois et il s'est étendu à toute l'Europe en même temps que le voile de fumée de charbon de la Révolution industrielle (...) le rachitisme est dû à un déficit de radiation ultraviolette solaire, nécessaire à la synthèse du calciférol (...)"

A l'appui de ses dires, Loomis rappelait ce fait historique : "Dès 1888, le médecin anglais John Bland-Sutton découvrit des preuves incontournables du rachitisme chez les animaux du zoo de Londres - chimpanzés, lions, tigres, ours, lapins, lézards, autruches, pigeons et autres espèces. Bland-Sutton nota qu'en dépit de tous les soins qui leur étaient apportés, des tanières confortables dans lesquelles ils étaient placés, les lions de Londres étaient affectés par le rachitisme alors que ceux de Dublin, Manchester et d'autres villes britanniques étaient en pleine forme. Il est rétrospectivement clair que c'est le voile de fumée de charbon au-dessus de Londres qui en était la cause."

En 1992, dans le numéro 41 de Fusion, le climatologue Hugh Elsaesser accusa le manque d'ultraviolets d'être responsable de l'ostéomalacie - ou perte osseuse - chez les personnes âgées.

Mais aux yeux des romantiques écolos, ces constatations ne présentent aucun intérêt. En effet, ils vous répéteront que notre milieu est gravement pollué, et que cette terrible altération met notre vie en danger.

Le pire, c'est que cette affirmation dénuée de fondement est devenue un préjugé fourre-tout, et que beaucoup y croient.

Pourtant, une constatation nous permet d'en juger : aux siècles précédant le 20ème, les gens bénéficiaient d'un environnement tellement plus sain que le nôtre (puisqu'il était dénué de voitures, de pétrole et de combustibles autres que le bois, le charbon, les graisses animales et végétales, et la tourbe) qu'ils mouraient tous nettement plus jeunes que le pire des pouilleux de nos jours.

Commentaires

Cher As,
Ce sont les progrès de la médecine et, en particulier, la découverte des antibiotiques et l'hygiène qui ont augmenté l'espérance de vie.
Mais là, je suis d'accord avec toi: la combustion des matières fossiles est très polluante. Seule l'énergie nucléaire ne pollue pas, si on stocke correctement les déchets nucléaires.
Vivent les voitures électriques rechargées par des centrales nucléaires!
Amitiés.

Écrit par : Armand | 08/04/2010

Armand, pas uniquement : outre l'hygiène et les antibiotiques (que les clowns qui nous "dirigent" rationnent, d'ailleurs), l'abondance d'aliments de bonne qualité y est aussi pour beaucoup, de même que celle de vêtements à bon marché, et bien sûr l'amélioration constante de notre milieu (air - comme indiqué plus haut - et eau - te souviens-tu des bébés bleus?)

Je suis d'accord avec toi pour le nucléaire si :

1) on met au point de bonnes solutions pour les déchets;
2) on sort des seules filières de fission actuelles, dont les matières premières semblent disponibles en quantités assez limitées;
3) on améliore fortement la technologie des piles électriques, dont la durée de charge est actuellement trop longue, et la capacité trop faible.

Hélas, les politiciens qui nous parasitent ont tous une mentalité de fonctionnaires : rationnement plutôt que progrès, défiance des individus plutôt que service, ingérence plutôt que liberté.

On est donc dans de sales draps.
... ;o)

Écrit par : l'as | 08/04/2010

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