27/09/2007

Pic de production du pétrole : encore un mythe

Vous ne l'ignorez pas (comment l'ignorer, puisqu'on vous le répète depuis les années 70?), l'un des mythes expliquant les politiques internationale ET nationale occidentales depuis 30 ans est celui du pic de production de pétrole.

Que signifie-t-il?

Qu'étant donnée l'origine biologique du pétrole et du gaz naturel, les réserves de ces carburants sont nécessairement limitées, et qu'on connaîtra un jour leur déclin. C'est ce qu'on a appelé Peak Oil en anglais - pic de production du pétrole en français.

Cet article en anglais nous indique que la théorie russe de formation du pétrole est tout autre. C'est ce qu'on appelle la formation abiotique, entièrement liée à des réactions physico-chimiques ayant lieu au plus profond du manteau terrestre, là où chaleur et pression sont extrêmement importantes. Selon elle, la fabrication de pétrole n'est pas tributaire du rassemblement absurde d'énormes quantités de déchets organiques en un seul endroit, comme ce devrait être le cas dans les champs pétrolifères géants d'Arabie saoudite. De plus, les quantités de pétrole naturellement formé dans le manteau terrestre sont pratiquement illimitées.

Appliquant leur théorie à la recherche d'huile minérale, les Russes ont découvert à très grande profondeur, en plein basalte (roche imperméable et très dure), les immenses champs du bassin du Dnieper-Donets. Pour y arriver, ils ont procédé à une analyse détaillée de la tectonique régionale et ont creusé 61 puits - dont 37 se sont révélés productifs, soit un taux de réussite de près de 60% ! (contre 10% pour les puits creusés en accord avec les théories anglo-américaines.) Ces puits leur ont permis de mettre en production un champ pétrolier comparable au North Slope d'Alaska. Toujours grâce à leur théorie abiotique, ils ont découvert du pétrole là où il n'aurait absolument pas dû s'en trouver : en Sibérie.

Cette théorie fut soigneusement cachée durant la guerre froide, mais vers 2003, des responsables militaires américains en eurent vent et comprirent l'extraordinaire impact statégique que les découvertes qu'elle permettait représentaient pour la Russie. Ils envisagèrent alors d'installer un "mur d'acier" entre la Russie, l'Europe de l'Ouest et la Chine - ce qu'on appelle le bouclier anti-missiles - afin de contrôler leurs échanges. En cela, ils suivaient les plans du défunt géologue et géopoliticien anglais Halford Mackinder, qui craignait par-dessus tout la convergence d'intérêts eurasiens conduisant à la coopération entre ces trois zones critiques du monde.

Selon William Engdahl, auteur de l'article, les exceptionnelles connaissances pétrolières russes expliquent à la fois l'arrestation de Mikhail Khodorkovsky, propriétaire de Yukos, qui s'apprêtait à vendre sa société à ExxonMobil, et la nationalisation subséquente de tout le secteur.

Il conclut que si les limitations imposées par la théorie de formation biologique - d'origine anglo-américaine - à la recherche de pétrole et de gaz obligent les Américains à mener des guerres de plus en plus coûteuses au Moyen Orient, les Russes, grâce à leur théorie abiotique, n'en manquent pas.

J'ajoute que si nous l'adoptions, nous non plus ne devrions pas en manquer.