30/06/2010

Pic pétrolier? Quel pic pétrolier?

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Bonjour!

L'un des mythes à la mode justifiant l'attitude "écologiste" sur les sources d'énergie chères et peu utilisables (éolien, photovoltaïque, etc.) et les taxes élevées sur les produits pétroliers, c'est celui du pic pétrolier. C'est à dire que nous serions arrivés au maximum de la production pétrolière possible.

Le ridicule de ce mythe est démontré par l'évolution des prix du pétrole : en tenant compte de l'érosion monétaire, nous ne le payons pas plus cher aujourd'hui qu'il ne coûtait au 19ème siècle, quand on a commencé à l'extraire du sol. Il n'est donc pas plus rare aujourd'hui qu'il ne l'était alors.

Pourquoi nous répète-t-on ce mantra, alors?

- Parce que les journalistes généralistes (ses plus fervents supporters) sont des ignares intégraux qui se sont emparés de nos sources d'information, les transformant en royaume du copier-coller et du sensationnalisme à tout prix.

- Parce que les clowns qui nous "dirigent" n'en savent pas plus, et puisent leurs infos auprès des instances de leurs partis. Ces derniers sont composés de manière écrasante d'avocats, de juristes et de fonctionnaires de la haute administration. C'est à dire, le contraire de spécialistes de quelque question que ce soit.

- Parce que les sociétés pétrolières ont tout intérêt à faire croire que les produits pétroliers se raréfient : ça permet de justifier les hausses de prix temporaires, et ça met un coussin en-dessous des baisses, grâce, entre autres, aux interventions fiscales des étatistes.

- Parce que, depuis le 11 septembre 2001, le mot d'ordre en Occident a été de diminuer l'impact du pétrole dans l'économie, pour réduire l'influence des principaux pays producteurs (qui sont principalement arabes).

Mais, outre l'indicateur des prix, un autre indice nous permet-il de croire à l'abondance du pétrole?

Oui : les découvertes de nouveaux gisements.

Vous savez tous que les Américains forent à grande profondeur, dans le Golfe du Mexique (l'actualité récente vous en a rendus conscients). Mais en Europe, nous produisons aussi du pétrole et du gaz naturel - principalement en Mer du Nord. Or, la caractéristique principale de cette mer, c'est sa profondeur moyenne : 95 mètres.

Là aussi, on nous disait que la production avait atteint son maximum. Il n'en est rien, comme vient de nous le démontrer la découverte du nouveau gisement de Catcher, à l'est de l'Écosse.

"Encore Oil a fait l'une des découvertes les plus prometteuses de ces dernières années en mer du Nord.

Le gisement de Catcher (côte est de l'Ecosse) contiendrait jusqu'à 300 millions de barils, et ce chiffre pourrait augmenter de manière "très significative", ajoute Encore Oil.

Cela ferait de Catcher l'une des découvertes les plus importantes en mer du Nord depuis celle de Buzzard, un gisement d'1 milliard de barils trouvé au large d'Aberdeen en 2001. La campagne de forages a donné jusqu'à présent des résultats "véritablement exceptionnels", a affirmé Alan Booth, patron d'Encore Oil.
 
Une partie de l'équipe d'Encore avait été à l'origine de la découverte du gisement de Buzzard, qui assure plus de 10% de la production britannique de pétrole. Encore est l'opérateur principal du bloc de Catcher, avec une participation de 15% aux côtés de Premier Oil, Wintershall, Nautical Petroleum et Agora Oil & Gas.
 
Cette découverte devrait être du pain béni pour le ministère britannique de l'énergie, qui peine à retenir les compagnies internationales dans les gisements vieillissants de la mer du Nord. Après avoir atteint un pic de production en 1999, la production britannique d'hydrocarbures s'est engagée dans un rapide déclin."

Outre l'argument économique cité en début d'article, deux réflexions principales me soutiennent dans l'idée que nous sommes très loin du pic pétrolier :

- 1) la variabilité des cours du pétrole : lorsque ses prix sont bas, on cesse d'explorer. Quelques années plus tard, les prix remontant au-dessus d'un certain niveau, on se remet à forer, et... on trouve! (Á leur tour, ces nouveaux champs, quelques années après, font à nouveau chuter les prix, ce qui amène l'abandon de la recherche, etc.)

- 2) l'avidité de nos gouvernements qui se sont appropriés les richesses du sous-sol. Explication : lorsque vous achetez un terrain, en Europe vous n'êtes propriétaire que de sa surface. Si vous trouvez dans ses profondeurs quelque richesse que ce soit (trésor ancien, charbon, gaz, pétrole, diamants, pépites d'or...), c'est l'état qui en est propriétaire car il s'en est arrogé le droit. Pour l'exploiter, vous devez lui demander une licence et l'engraisser à vos dépens. Croyez-vous que cela vous pousse - vous ou quiconque - à explorer le sous-sol?

Ajoutez à cela la possibilité que le pétrole ne soit pas d'origine fossile et organique - théorie dominante de sa formation - et vous comprendrez qu'il est fort possible que nous soyons très loin d'en avoir vu la fin. (Article sur le sujet lisible ici)