29/05/2008

Orthographe... Ortograf... Néo-français... Socialo-français 2

Dans le même ordre d'idées, celle-là n'est pas mal non plus (merci encore à mon fils cadet)

Photo 458

Traduction :

"ATTENTION

Si vous êtes garé sur cet emplacement à 8h

nous serons forcés d'appeler une dépanneuse"

ou

"Si vous étiez garé sur cet emplacement à 8h

nous serions forcés d'appeler une dépanneuse."

Passons sur l'omission du conditionnel, peut-être volontaire afin d'augmenter l'impact du message. Néanmoins, les autres fautes sont liées à une méconnaissance importante de l'orthographe et de la grammaire. Celles-ci n'ont presque plus été enseignées aux enfants et adolescents depuis les années 75 - 80, à peu près, ou alors de manière absconse, verbeuse et inefficace. Comme si instits et profs avaient décidé de se muer en petits analystes critiques de la langue et de ses règles, de les réinterpréter dans un sens sous-orwellien propre à déboulonner l'ordre bourgeois dans leur esprit, et d'enseigner à leurs élèves le salmigondis incompréhensible qui en a résulté - au lieu des règles d'une expression écrite correcte.

On voit clairement ce clivage lorsqu'on lit les textes postés sur internet : on peut estimer l'âge des intervenants selon leur degré de (mé)connaissance du couple maudit orthographe/grammaire. 

Outre les onomatopées et les syncopages de la langue SMS (en voie de disparition rapide ces derniers temps, me semble-t-il), la dérive principale actuelle tient en un mot : phonétique. Comme on ne sait comment écrire un mot, on place les lettres qui semblent les plus pertinentes dans le sens où on les entend. Ce qui donne des fautes aussi graves que les confusions de la préposition "et" et du verbe "est", du verbe avoir (conjugué sous les formes "ai" ou "ait", p. ex.) et du verbe être sous la forme "est", de l'incapacité à différencier futur (j'irai, p.ex.) et conditionnel (j'irais), etc. Sans parler des incertitudes liées aux règles d'élision et d'utilisation des traits d'union ("a t'il" à la place du correct "a-t-il", la lettre "t" ayant été ajoutée pour satisfaire aux règles d'euphonie de la langue française et devant donc être reliée aux mots qui l'encerclent par des traits, alors que l'apostrophe indique toujours qu'une lettre a été supprimée - "élidée").

L'orthographe et la grammaire sont-elles importantes?

Bien sûr.

Outre le fait que les gens vous jugent à votre niveau de connaissances en l'évaluant par rapport au leur, ces deux ensembles de règles vous permettent d'utiliser votre langue de façon à formuler des idées claires et logiques. Or, comme le principal véhicule de la pensée de la majorité des gens est constitué de mots, mettre le contrôle des mots hors de leur atteinte, c'est mutiler leur capacité de raisonnement, et donc d'action.

Ça semble bien beau, mais n'est-ce pas un peu excessif? L'orthographe, la grammaire sont-elles vraiment aussi importantes que je viens de le dire?

Dans un moyen de communication, la partie formelle s'oppose souvent à la production de fautes plus ou moins graves. Pour mettre en évidence la valeur de cette partie formelle, transposons orthographe et grammaire dans un autre langage, bien connu  (même s'il est généralement craint) de la majorité de la population : les mathématiques. Et tenons-nous en à l'arithmétique :

Orthographe : 2 s'écrit 2, et non 3 ou 6.

Grammaire : + signifie ajouter, et non retrancher.

Si nous utilisions sans savoir les diverses règles du calcul arithmétique, comment pourrions-nous régler un problème aussi simple que 2 + 2 ?

Voilà à quoi les petits maîtres issus de mai 68 ont condamné les élèves les moins favorisés.

Dans tous les domaines vitaux, les fumisteries gauchistes lèsent les plus faibles avant tout.