05/12/2008

Pétrole : on brade!

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Bonjour!

Il est toujours agréable de voir ses infos et prévisions confirmées par la réalité. Il y a deux ou trois semaines, je vous avais rapporté l'avis de James Altucher, pour qui l'arrêt annoncé de la guerre américaine en Irak allait faire tomber les prix du pétrole jusqu'à 40 dollars le baril, torpillant par la même occasion les risibles "énergies alternatives" si chères au coeur des clowns qui nous gouvernent.

J'avais relevé l'ironie de la situation : alors que Busch avait entamé la guerre contre l'Irak afin d'assurer aux States et au monde des prix du pétrole stables et bas, il avait obtenu l'effet inverse. Je n'avais pu m'empêcher d'y voir la confirmation de ce fait récurrent : lorsque des manipulateurs étatiques essaient d'influer sur quoi que ce soit, ils obtiennent généralement le contraire de ce qu'ils espéraient - quelle que soit leur idéologie politique.

Aujourd'hui, nous apprenons que :

"Le baril à moins de 44 dollars à New York

Ce matin, les prix du pétrole se maintiennent au plus bas en quatre ans dans les échanges électroniques en Asie. Selon des analystes, ils pourraient encore chuter pour cause de récession économique prolongée.

Le baril de "light sweet crude" (livraison en janvier) coté sur le New York Mercantile Exchange cédait 10 cents à 43,57 dollars, après s'être enfoncé jusqu'à 43,39 dollars (plus bas niveau depuis janvier 2005). Le baril de Brent de la mer du Nord abandonnait 8 cents à 42,20 dollars, après un plus bas en matinée à 42,13 dollars.

Ce serait "vraiment prématuré" de penser que le marché a touché un plancher, a estimé David Moore, stratégiste matières premières à la Commonwealth Bank of Australia à Sydney. "L'attention est complètement focalisée sur la faiblesse de la consommation", a-t-il ajouté. Le prix du pétrole a fondu de plus des deux-tiers depuis le record atteint en juillet au-dessus des 147 dollars le baril, plombé par l'accentuation du ralentissement économique mondial qui pèse sur la demande."

Cela nous apprend que :

- 1) Les chantres du Peak Oil se sont une nouvelle fois bien plantés - comme ils le font de manière récurrente depuis 60 ans.

- 2) La réalité est plus forte que tous les présupposés.

- 3) Le prix du baril va encore varier, à la hausse comme à la baisse, parce que sa chute a été beaucoup trop rapide.

- 4) Lorsque des "stratégistes matières premières" crient haut et fort qu'il est " "vraiment prématuré" de penser que le marché a touché un plancher", il faut croire que c'est peut-être le cas. En effet, ce sont ces mêmes personnes qui, en Juillet dernier, annonçaient qu'ils voyaient le baril atteindre les 200 dollars pour la fin de cette année ;o).

- 5) Qu'il est temps de mettre en application la sentence de John Mc Carthy (Celui qui n'utilise pas l'arithmétique s'expose à dire des bêtises) :

43,57+42,2 / 2 = 42,88 dollars (prix moyen du baril).

42,88 / 1,2781 (cours de l' € en dollars ce matin) = 33,55 euros par baril de pétrole.

33,55 / 159 (nombre de litres par baril) = 0,211 euros par litre.

Cela ne signifie évidemment pas que nous venons de trouver l'exact prix du litre d'essence, puisque le pétrole est un mélange variable d'hydrocarbures divers, dont certains valent nettement plus cher que d'autres. Il faut aussi compter les marges bénéficiaires des divers intermédiaires, transformateurs, raffineurs, grossistes, transporteurs, détaillants, etc.

Néanmoins : rappelez-moi combien coûte dans notre CHER pays le litre d'essence ou de diesel? Et rappelez-moi par la même occasion QUI empoche 80% du prix payé à la pompe (en TVA, accises, lois sociales, etc.) chaque fois qu'un client captif est obligé de s'y ravitailler?

13/11/2008

Peak Oil? What Peak Oil?

Depuis des mois, on vous répète que nous sommes arrivés au maximum de production du pétrole - ce qu'on appelle Peak Oil en anglais, ou Pic Pétrolier en français. On vous en donne pour preuve les prix élevés atteints par le baril de pétrole ces derniers temps.

Bonne nouvelle : depuis le 11 juillet dernier, le prix du baril (= +- 159 litres) n'a pas cessé de diminuer, chute qui atteind désormais aux proportions d'un authentique crash - venant de 147,5$ il est en effet passé à 57$ hier. Et - tiens! comme c'est curieux... - il ne s'est pas trouvé le moindre "écologiste" pour relever ce fait. Il est toujours si difficile de reconnaître qu'on s'est trompé lorsqu'on affirme détenir la Vérité.

Pourquoi serions-nous arrivés au pic de production, après lequel nos réserves ne pourraient que décroître? C'est un certain King Hubbert qui le premier a formulé cette hypothèse, en... 1956. Elle est basée d'une part sur les graphes de découverte de champs pétroliers neufs, et d'autre part sur la présomption que le pétrole, tout comme le charbon, est d'origine organique et très, très, très ancien.

Cette dernière hypothèse a pour effet que nous nous contentons d'en chercher là - et uniquement là - où nous suspectons que des dépôts sédimentaires préhistoriques se seraient transformés en or noir, et où la structure des roches qui les entourent les a concentrés de manière utile pour nous, en les empêchant de se répandre partout.

Or, nous savons depuis la synthèse de Fischer-Tropsch (datant des années '20) que la transformation directe d'oxyde de carbone (CO) et d'hydrogène en hydrocarbures mêlés (mélange qu'on appelle communément "pétrole") est possible à 700°K et à des pressions de l'ordre de 150 bars grâce à des catalyseurs simples tels que fer, manganèse, aluminium et cobalt. Dès lors, des scientifiques russes ont depuis longtemps formulé l'hypothèse que le pétrole se forme spontanément, rapidement et en continu dans les profondeurs de l'écorce terrestre sous l'effet de la pression et de la chaleur qui y règnent, en présence de catalyseurs.

Cela expliquerait pourquoi certains puits ne se sont jamais vidés alors qu'ils sont en activité depuis plus de cent ans (!), pourquoi nous ne manquerons jamais de pétrole, et pourquoi aussi nous en trouverions bien plus si ne nous contentions pas de le chercher dans les seuls bassins sédimentaires.

Savez-vous ce qui semble donner raison à l'hypothèse russe? L'an passé, ce ne sont ni l'Arabie saoudite, ni l'Iran, ni l'Irak, ni le Koweit, ni le Vénézuéla qui ont produit le plus de pétrole, mais bien la Russie.

Et même si cette hypothèse n'était pas confirmée, nous sommes très loin d'avoir épuisé toutes les réserves connues. En effet, outre le pétrole liquide dont nous nous sommes pour le moment contentés, il existe d'énormes quantités de schistes bitumineux et de sables goudronneux, dont notre industrie peut aisément extraire des huiles lourdes transformables économiquement en carburants et en matières premières.

Nous sommes donc très loin du pic pétrolier ou Peak Oil - et peut-être même celui-ci n'est-il qu'une absurdité.

Qu'est-ce qui dès lors a entraîné la très forte augmentation des prix du baril que nous avons connue depuis six ans? Les prix extrêmement bas dont nous jouissions avant cela.

Imaginez que vous soyez un producteur de pétrole (ou de toute autre matière première) : lorsqu'à cause de la surabondance de l'or noir les prix baissent trop, que faites-vous? Poussez-vous vos capacités de production dans leurs dernières limites, afin de vendre votre produit toujours moins cher? Vous lancez-vous dans une coûteuse campagne de recherche de nouveaux champs pétrolifères? Achetez-vous du matériel d'extraction que vous laisserez rouiller à ciel ouvert? Non, évidemment. Vous réduisez les frais et attendez des temps meilleurs, où vous pourrez vendre votre marchandise à un prix plus avantageux. Rien ne presse : elle est à vous et ne s'envolera pas.

C'est la raison principale du caractère cyclique du marché des matières premières, comme de tout autre marché. Ajoutez à cela des circonstances propices - telles que le grand bluff chinois mis en place pour les Jeux Olympiques, la bulle financière créée pendant plus de 20 ans par Alan Greenspan (dont une partie des capitaux fabriqués de toutes pièces a alimenté la bulle des matières premières, après celles de la technologie, de l'immobilier et des marchés émergents), la volonté des gouvernements occidentaux de diminuer la part du pétrole dans nos économies pour des raisons géopolitiques, les taxes dévorantes qui lui sont appliquées, et vous obtiendrez les causes principales de la Tempête Parfaite dont nous venons de subir les premiers outrages.

Ce qui m'épate dans tout cela? La formidable capacité d'oubli et la naïveté des habitants de cette planète! Outre le fait que cette mauvaise comédie nous ait déjà été jouée plusieurs fois depuis les années '70, rappelez-vous : il y a 6 ou 7 ans, le baril de pétrole était tombé à MOINS DE 17 DOLLARS (ce qui est le seuil de rentabilité pour les puits de Mer du Nord). Croyez-vous qu'en si peu de temps la demande ait augmenté au point de multiplier le prix par 9? Ou que l'offre ait chuté dans de telles proportions, alors que les Saoudiens n'ont cessé de répéter depuis 1 an que cette envolée n'avait aucune raison objective d'exister?

La bonne nouvelle? Aujourd'hui, l'essence est moins chère qu'hier. Profitez-en pour faire le plein, avant que Reynders ne s'en rende compte.

(Pour trouver des précisions sur la théorie pétrolière russe, cliquez ici )

27/09/2007

Pic de production du pétrole : encore un mythe

Vous ne l'ignorez pas (comment l'ignorer, puisqu'on vous le répète depuis les années 70?), l'un des mythes expliquant les politiques internationale ET nationale occidentales depuis 30 ans est celui du pic de production de pétrole.

Que signifie-t-il?

Qu'étant donnée l'origine biologique du pétrole et du gaz naturel, les réserves de ces carburants sont nécessairement limitées, et qu'on connaîtra un jour leur déclin. C'est ce qu'on a appelé Peak Oil en anglais - pic de production du pétrole en français.

Cet article en anglais nous indique que la théorie russe de formation du pétrole est tout autre. C'est ce qu'on appelle la formation abiotique, entièrement liée à des réactions physico-chimiques ayant lieu au plus profond du manteau terrestre, là où chaleur et pression sont extrêmement importantes. Selon elle, la fabrication de pétrole n'est pas tributaire du rassemblement absurde d'énormes quantités de déchets organiques en un seul endroit, comme ce devrait être le cas dans les champs pétrolifères géants d'Arabie saoudite. De plus, les quantités de pétrole naturellement formé dans le manteau terrestre sont pratiquement illimitées.

Appliquant leur théorie à la recherche d'huile minérale, les Russes ont découvert à très grande profondeur, en plein basalte (roche imperméable et très dure), les immenses champs du bassin du Dnieper-Donets. Pour y arriver, ils ont procédé à une analyse détaillée de la tectonique régionale et ont creusé 61 puits - dont 37 se sont révélés productifs, soit un taux de réussite de près de 60% ! (contre 10% pour les puits creusés en accord avec les théories anglo-américaines.) Ces puits leur ont permis de mettre en production un champ pétrolier comparable au North Slope d'Alaska. Toujours grâce à leur théorie abiotique, ils ont découvert du pétrole là où il n'aurait absolument pas dû s'en trouver : en Sibérie.

Cette théorie fut soigneusement cachée durant la guerre froide, mais vers 2003, des responsables militaires américains en eurent vent et comprirent l'extraordinaire impact statégique que les découvertes qu'elle permettait représentaient pour la Russie. Ils envisagèrent alors d'installer un "mur d'acier" entre la Russie, l'Europe de l'Ouest et la Chine - ce qu'on appelle le bouclier anti-missiles - afin de contrôler leurs échanges. En cela, ils suivaient les plans du défunt géologue et géopoliticien anglais Halford Mackinder, qui craignait par-dessus tout la convergence d'intérêts eurasiens conduisant à la coopération entre ces trois zones critiques du monde.

Selon William Engdahl, auteur de l'article, les exceptionnelles connaissances pétrolières russes expliquent à la fois l'arrestation de Mikhail Khodorkovsky, propriétaire de Yukos, qui s'apprêtait à vendre sa société à ExxonMobil, et la nationalisation subséquente de tout le secteur.

Il conclut que si les limitations imposées par la théorie de formation biologique - d'origine anglo-américaine - à la recherche de pétrole et de gaz obligent les Américains à mener des guerres de plus en plus coûteuses au Moyen Orient, les Russes, grâce à leur théorie abiotique, n'en manquent pas.

J'ajoute que si nous l'adoptions, nous non plus ne devrions pas en manquer.